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15 février 2005 - Accident du terminal 2E

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1 : La remise du rapport au ministre

Gilles DE ROBIEN, ministre de l’Équipement, des Transports, de l’Aménagement du Territoire, du Tourisme et de la Mer et François GOULARD, secrétaire d’État aux Transports et à la Mer ont reçu les conclusions de la commission administrative présidée par Jean BERTHIER, président du comité génie civil du Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France.

Sa mission avait pour objet d’identifier les causes techniques de l’accident du terminal 2E de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle du 23 mai 2004 et de faire des propositions pour améliorer les règles et les pratiques dans le secteur de la construction.

 

-  Le travail de la commission administrative

La commission s’est rendue à plusieurs reprises sur le site où elle a procédé à de nombreuses observations visuelles sur la zone symétrique à celle qui s’est effondrée, travail complété par l’analyse de nombreuses photos et l’étude de nombreuses expertises réalisées à sa demande.

La zone effondrée est une zone d’extrémité très particulière, avec des dissymétries locales importantes, puisqu’elle comporte trois arcs tronqués pour laisser passer chacun une passerelle la jetée d’embarquement au passage vers le bâtiment principal.

Le terminal a été ouvert au public en juin 2003. l’effondrement des six arcs qui constituent la zone sinistrée a eu lieu le dimanche 23 mai à 6h57, par une température extérieure de 4.10° C. Cet effondrement fut précédé, vers 5h30, par le décollement et la chute d’une plaque de béton provenant d’un élément d’arc plein inter-passerelles, à la suite de laquelle les forces de l’ordre avaient organisé une évacuation et installé un périmètre de sécurité.

La commission a procédé à un examen méthodique de toutes les causes possibles de l’effondrement.

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2 : L’intérieur du terminal 3 : Le terminal après l’effondrement du 23 mai


-  Les causes de l’effondrement

Il apparaît que les causes de l’effondrement sont donc à rechercher dans le fonctionnement mécanique de cette section particulière de la jetée. La commision s’est donc particulièrement attachée a bien comprendre ce fonctionnement mécanique pour en détecter les éléments crittiques.

Vue en coupe de la jetée (JPEG)
4 : Vue en coupe de la jetée

La commission retient ainsi dans son diagnostic les principaux points suivants :

- Une grand souplesse vis-à-vis des charges permanentes et des actions extérieures (climatiques et autres), accentuée par une fissuration importante dans certaines zones, probablement développée dès la construction, qui laisse penser à un ferraillage insuffisant ou mal positionné

- un manque de possibilités de transferts d’efforts (redondances mécaniques) vers d’autres zones en cas de défaillance locale

- une faible résistance de la poutre sablière

- le positionnement des butons (appuis) à l’intérieur du béton

Le processus d’effondrement d’une structure dont la réserve de résistance initiale était faible s’explique donc par  :

- une lente évolution de la structure sous l’effet de ses déformations différées liées au fluage (mouvement) du béton qui, tout en étant normales dans un ouvrage en béton, ont accru les contraintes en certains points sensibles

- l’action des effets thermiques cycliques qui ont accru progressivement la fissuration initiale

La réserve de résistance de la structure s’en est ainsi réduite, puis annulée. Il a alors suffit d’un très faible phénomène pour déclencher l’enchaînement fatal, dont la première manifestation observée a été un éclatement du béton de la face intérieure d’un élément d’arc plein inter-passerelle, sur la ligne d’appui des butons, probablement entre deux butons, entraînant la chute d’une importante plaque de béton. Ce facteur déclenchant a pu être la très basse température du 23 mai au matin, ou le relachement de l’étrier d’une pile.

L’éclatement de cette plaque de béton a entraîné, une heure et demie environ plus tard, l’intervention quasi-instantanée de deux phénomènes en interaction qui, comte tenu du manque de redondance de la structure, ont provoqué sont effondrement, dont le caractère brutal a été confirmé à la fois par un témoin et par les calculs de la commission :

- la rupture en flexion d’un élément d’arc plein au Nord, par conjonction du pliage de la coque et de sa perforation par un ou plusieurs butons, facilitée par l’existence de fissures sous la ligne d’appui des butons et par le fait que la platine d’appui des butons est noyée dans le béton

- la rupture et la chute de la poutre sablière au Sud

L'effondrement de la jetée (JPEG)
5 : L’effondrement de la jetée


-  Les conclusions de la commission administrative

L’écroulement résulte donc de deux évènements quasi simultanés et interdépendants. D’une part, le pliage et la perforation de la coque en béton armé par les butons qui devaient la soutenir. D’autre part, la rupture et la chute de la poutre qui supportait la coque.

L’origine de ces deux évènements, plutôt que liée à une causalité unique, apparaît comme résultant de la conjonction de faits qui se sont combinés pour conduire à la ruine une structure dont les réserves initiales de sécurité étaient faibles.

Après un rapport d’étape remis le 1 er juillet 2004, la commission a remis le 15 février 2005 son rapport définitif.

En matière de responsabilités, c’est bien entendu à la justice seule et en toute indépendance qu’il appartient dans le cadre des actions engagées de déterminer les éventuelles responsabilités, les travaux de la commission ne devant pas interférer avec l’enquête judiciaire.

Pour l’avenir du terminal 2E, c’est à Aéroports de Paris maintenant de prendre le temps de réflexion et d’études complémentaires pour déterminer la solution à mettre en œuvre.

Par ailleurs, la commission a fait aux ministres des propositions pour améliorer les règles et pratiques pour des constructions non courantes, notamment, pour adapter les modalités d’étude et de contrôle liées à leur complexité, instaurer, dans certains cas, un suivi de la vie des ouvrages. Gilles de ROBIEN a demandé à son administration de préciser les modalités de mise en œuvre de ces propositions avec les principaux partenaires du secteur.

Gilles de ROBIEN fait une totale confiance à Aéroports de Paris, à son actuel président, Pierre GRAFF et à ses équipes pour assurer le développement de l’établissement qui joue un rôle majeur pour l’attractivité et le rayonnement de la France.

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6 : Jean Berthier et Gilles de Robien 7 : La présentation du rapport 8 : Les explications de Jean Berthier

(GIF) Le dossier de présentation du rapport (GIF) La synthèse des travaux

D’autres informations en ligne sur le site d’Aéroport de Paris (ADP)


Crédits photos :
1, 6, 7 et 8 : Bernard Suard/METATTM/2005
2, 3, 4 et 5 : DGAC/Commission administrative CDG/2005